- Sécurité et respect des droits du citoyen
Violences, féminicides, jusqu’où ? Info du 6 juin 2021
Le constat est certes brutal et même incompréhensible: comment peut-on admette que dans notre société, qui s’est construite de façon solide et raisonnée au fil d’une longue histoire sociale, que de jour en jour on assiste à un incessant déchainement de violence entre les membres de la communauté ? Car l’évolution est sans équivoque:
En 2019, au niveau France entière (y compris les collectivités d’outre-mer), les forces de sécurité ont enregistré un peu plus de 142 000 victimes de violences commises par leur partenaire (soit une hausse de 16 % sur un an), dont près de 126 000 femmes (46%).
Les chiffres actuels sont certainement plus élevés encore, mais ce n’est pas ce qui importe. Le constat est déjà celui d’un phénomène qui n’a pas commencé hier mais qui peu a peu s’est installé comme une évolution sociétale. Nous entendons depuis quelques mois d’ailleurs le mot de « féminicide » qui est devenu une réalité malheureuse de notre quotidien, comme le constat aussi des violences tournées vers les forces de l’ordre qui nous protègent ainsi que le triste constat que nos jeunes -notre jeunesse – est souvent à l’origine de cette escalade de violence envers les autres. Nous voyons bien que nous sommes engagé dans un phénomène à la fois d’ampleur et durable. Que les constats qui sont faits ne suffiront pas à trouver le moyen d’enrayer cette évolution. C’est bien là aussi, puisque nous en sommes à faire le bilan et se projeter sur ce qu’il faudrait faire pour apaiser notre société, que nous devons poser la problématique qui est celle de l’action publique en la matière. Quand nous disons action publique, c’est aussi – en premier lieu – l’action politique: donc celle de ceux que nous avons mis aux commandes pour diriger, poser lers constats, proposer des mesures et les évolutions à engager. C’est là, encore, que l’on se rend compte que tout est fait à moitié. On se contente bien sûr – c’est facile mais très insuffisant – de se présenter devant des micros, prendre un ton de « vous allez voir ce que que vous allez voir.. » et nous ressortir toujours les m^mes incantations: durcissement des peines, tolérance zèro, mise en place d’observatoires divers et variés, et j’en passe… Du coup on laisse passer le point dur en se disant que demain… il fera meilleur et … nos moutons de Panurge auront oublié – ils seront sur les plages sans masques ! Qui dit mieux ? – . Désolé, messieurs nos pros de la politique, ce phénomène de violence que nous connaissons est une vraie évolution à ne pas prendre à la légère. Punir et durcir les peines ne serviront à rien – utile mais insuffisant pour renverser la situation -. Le problème est compliqué, et il faut être prudent…. la vraie solution ne sort pas d’un coup de baguette magique, mais, il y aurait certainement plusieurs axes sur lesquels il faudrait travailler:
- L’éducation de nos jeunes: essentiel… On a laissé filer. Les parents n’ont plus toujours la main. L’école est assaillie d’enseignements – importants bien sûr – mais il manque un fil éducatif: celui du vivre ensemble
- rétablir du lien sociétal et familial: politique des quartiers – et pas seulement des zones dites de « non droit », tous les quartiers. Impliquer prioritairement les mairies sur des missions de lien social (événements, rencontres, actions bénévoles, être sur le terrain..
- redonner du sens à la présence de l’état non pas uniquement dans des points d’entrées dématérialisés mais visibles et sur le terrain: on ne peut plus se contenter d’une société qui se verrait uniquement à travers des écrans de téléphone et de réseaux sociaux mal utilisés..
Sans agir sur le durable et le terrain, mes Chers Compatriotes, nous risquons de voir perdurer et probablement encore se développer ces attaques a notre ciment social. Il nous fragilise. Il oppose les uns et les autres, il existe un vrai danger de ne plus rien partager. L’esprit d’équipage… C’est bien cela qu’il nous faut reconstruire. Nous l’avions mais nous l’avons perdu. Qui sera capable de porter ce projet? Malheureusement pas nos pros qui sont sortis de l’ENA qui en sont à mille lieues… Refondons une politique Citoyenne, lucide, responsable. Il nous faut prendre ensemble ces problèmes importants pour nos jeunes – et moins jeunes aussi – à bras le corps… On y reviendra.
