Gendarmes du monde ..?  A quoi ça sert ?

  1. La France  dans le monde

Gendarmes du monde ..?  A quoi ça sert  ? Info du 11 juin 2021

Laissons un peu de côté la politique politicienne qui nous cheville au corps en suivant les soubresauts aux réactions de nos pros de la politique ( Muselier, Bertrand, et d’autres…) qui commencent à se demander si leurs doux palais régionaux ne vont pas leur glisser sous les doigts.. 

Intéressons à un autre sujet, moins polémique mais non moins important puisqu’il engage des décisions qui mettent en cause notre responsabilité dans le monde, celle de respecter ou non des engagements que nous avons pris dans un « autre temps » et dont on voit aujourd’hui que nous ne sommes plus en capacité de mener seul. Pour s’en convaincre, la sentence est tombée hier par une annonce de l’Elysée. La presse l’a relayée ainsi « Après des mois de tergiversations, le président de la République, Emmanuel Macron, a finalement annoncé, jeudi 10 juin en fin d’après-midi, la fin de l’opération « Barkhane » pour laquelle 5100 soldats français sont déployés au Sahel depuis 2014…  » Tout est dit. Sept années de présence au Sahel, 5000 soldats, du matériel, des formations , de l’assistance, des forces spéciales, des dispositifs obscurs en appui… Résultat: le syndrome – à plus petite échelle – de ce que nous avons déjà connu lors des guerre coloniales. On finit par se retirer en catimini pour ne pas subir l’enlisement total in fine. Pour ne pas non plus faire peser à nos forces le poids militaire d’un entêtement politique incompréhensible.

Car de quoi s’agit-il en réalité ? L’idée géniale était celle de créer un barrage sud à l’extension djihadistes – mieux vaut contenir loin du territoire national pour éviter les dangers sur notre sol -.  Cela pourrait paraitre habile, de loin. Mais en réalité, à part permettre à nos troupes de disposer d’un champ d’action pour un maintien en condition effectif en zone de combat, le but ultime de la guerre est inatteigniable, totalement inatteigniable: territoire gigantesque et hostile, facilité aux assaillants de masquer ses intentions et de se fondre à une population dont on ne sait en définitive quelle position elle adopte entre le soutien que l’on apporte à l’état et le rejet de voir des troupes étrangères, françaises qui plus est, se trouver sur leur sol pour prolonger des menées néo-coloniales. Car le problème est là: justification de notre présence ? Quelles chances d’aboutir avec la certitude que la population locale, malienne, ait le sentiment que nous leur avons préservé leur droit à disposer d’eux-mêmes.  Nous en sommes malheureusement à mille lieues. 

Le dernier déclencheur ayant été ce bombardement par notre aviation d’un village au cours duquel 160 personnes civiles auraient trouvé la mort. Nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé. Nous ne savons toujours pas si notre responsabilité est engagée. Ce que l’on sait en revanche, c’est que le chef de l’état malien et son premier-ministre qui couvraient les opérations menées sur le territoire, ont été débarqués manu militari par une junte de colonels qui ont repris la main sur leur devenir.  Arrêt qui en a suivi des opérations militaires conjointes franco-maliennes et maintenant retrait annoncé.

Tout cela joue malheureusement contre nos intérêts en nous décrédibilisent largement au-delà du pays concerné. Les pays frontaliers auxquels nos gouvernants demandaient la mise ne place d’une force régionale pour couvrir notre propre intervention ont laissé pourrir le projet.  Comme les romains d’Astérix lorsque l’ordre leur est donné pour trouver des volontaires « premier rang, un pas en avant, marche .. » Tout le monde recule et seul le neuneu de service se retrouve devant… volontaire désigné…. Voilà l’exacte situation de la France au Sahel: Seule devant, tout seule …

Donc il faut en finir aussi avec notre ego de pays donneur de leçons au monde entier. Les américains l’ont déjà compris. « América first » était le slogan d’il y a 5 ans. Il le reste aujourd’hui: retour immédiat d’Afghanistan. Nous devrions nous en inspirer et méditer. Et surtout réexaminer nos priorités stratégiques. Ce n’est plus le Monde entier.. Il faut cerner l’essentiel.  Nos intérêts ne doivent être que ceux où , en premier lieu, les populations sont de notre côté – et ne jouent pas de double jeu -. Un vrai travail de réflexion est à mener. 

Citoyens, Chers Amis, arrêtons de nous faire entrainer, là aussi, sur des terrains qui ne sont plus les nôtres.

 Projets neufs, hommes neufs.. hors des partis politiques !

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