La manie de l’autoflagellation…

  1. Préserver nos Outre-mers J – 253

La manie de l’autoflagellation… info du 31 juillet et 1er août 2021

Quand nous croyons en avoir fini des regrets incessants, des dettes contractées par le passé, des ignominies que nous aurions commises au cours de nos conquêtes et de nos conflits antérieurs, il n’en est rien. Avec le costume et la Croix de Grand Maitre de notre Ordre national de la Légion d’Honneur, il faut croire que nous donnons aussi à notre représentant suprême le sceptre du Grand Regret…

Et là, on pleut dire que les uns et autres de nos derniers représentants en ont usé et même abusé peut-être. Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et maintenant Macron ont tous, les uns après les autres, exhumé notre passé commun pour trouver ce qui devait nous faire sortir les mouchoirs de nos poches et, une fois encore, nous rassembler sur les erreurs de notre passé: le colonialisme, la collaboration, l’Afrique et ses multiples arcs de crises, l’accueil de minorités, les guerres de l’Empire….

Aujourd’hui on en est revenu à un vieux serpent de mer, relayé tel quel par nos valeureux médias :

 » Essais nucléaires : Emmanuel Macron reconnaît « une dette » de l’Etat envers la Polynésie française. « Trop longtemps l’Etat a préféré garder le silence sur ce passé », a ajouté le président de la République depuis Papeete, mardi soir. .. »

On y revient, après le sabotage d’état du Rainbow Warrior de Greenpeace dans le port néozélandais de Aukland en 1985 et les conséquences funestes de l’aveu de la faillite de cette action ratée de notre service extérieur – sur le sujet de la reprise de nos essais nucléaires à Mururoa dans le Pacifique – , il faut à nouveau revoir le sujet remis sur la table.. Voici quelques éléments de compréhension. Notre chef suprême décide de faire passer son tour de France en Polynésie. Ce qui est tout à fait judicieux , puisque peu de ses prédécesseurs ont trouvé le temps de le faire. Il a m^me été le premier à se rendre aux îles Marquises… Formidable pourrait-on dire lorsque l’on sait que ces îles – les plus éloignées au nord de l’archipel – ont été les plus brimées et ignorées par les gouvernements locaux: pas de port en eau profonde pour le ravitaillement, infrastructures très en dessous du standard des autres archipels. Brimés probablement parce que la population marquisienne était certainement celle qui était la plus francophile de l’ensemble polynésien.. Revenu à Tahiti et s’exprimant pour les polynésien, le discours a néanmoins fait le retour vers cette période des essais nucléaires qui , il faut quand-m^me le rappeler, a permis que notre pays figure encore aujourd’hui dans ceux qui maitrisent cette technologie pour à la fois notre autonomie électrique et notre dissuasion. Et qui nous permet d’être assis à la table des décideurs de notre monde… Il a donc prononcé le mot de « dette » que nous avons vis à vis de nos Concitoyens polynésiens. Oui, nous avons bien cette dette. Mais est-il nécessaire, à chaque passage , d’en remettre une couche ? Son prédécesseur , Chirac, en 2003 avait déjà formalisé la sortie de cette période par à la fois la reconnaissance de la nation, la mise en place d’une dotation financière, la remise en état de l’atoll et sa surveillance. Alors pourquoi revenir sur le sujet?? Quel intérêt ? Nos Concitoyens polynésiens ont aujourd’hui d’autres sujets de préoccupation: l’omniprésence de la Chine dans le Pacifique, le retrait américain, l’économie régionale qui est totalement insuffisante , des perpectives d’avenir très floues notamment au plan des échanges commerciaux et des besoins locaux à soutenir. ..

Nos Concitoyens polynésiens sont très courageux. Beaucoup vivent dans des conditions difficiles – réalité qui se cache derrière les cartes postales idylliques des lagons et des vahinés lascives..-. Passez du côté de Faa, ville voisine de Papeete et constatez l’habitat précaire dans lequel vivent trop de nos Compatriotes.

Donc, pour en terminer sur le sujet, ce n’est pas sérieux et monter de la considération à la Polynésie que le chef suprême y aille de son couplet nostalgie en 2021, arbre qui cache la forêt de la vie quotidienne locale. Ce qu’ils auraient certainement voulu entendre, nos Compatriotes lointains, c’est que la métropole est derrière eux. Que notre attachement est total et sans faille. Que nous nous engageons à developper l’économie locale, faciliter les échanges régionaux et dynamiser – en y mettant les moyens – les atouts locaux du tourisme et du savoir-faire formidable de cette partie de France. La dette ? Ils ont tourné la page.

Arrêtons de prendre les Citoyens pour des mendiants à qui l’on consent de faire l’aumône. La Polynésie – et tout l’ensemble de nos outre mers – n’en est plus là. Ils veulent un président qui les respecte pour ce qu’ils sont et les atouts extraordinaires ce cette France du bout du monde…

On peut continuer encore longtemps comme ça… C’est à l’ENA, forcement que l’on apprend ça….

Laisser un commentaire