Sauve qui peut en Afghanistan..

  1. La France dans le monde J – 237

Sauve qui peut en Afghanistan.. Info du 16 et 17 août 2021

Après les prémices de bruits de bottes islamistes qui , depuis quelques temps déjà , se préparaient à reprendre le territoire dont ils avaient été chassés en 2001 , la situation s’est rapidement accélérée. A la vitesse de l’éclair, les troupes moudjahidines ont repris position dans les principales villes afghanes sans qu’une véritable opposition militaire tente de les repousser. Et le 15 août , contre toute attente, et alors que les voies officielles américaines assuraient que Kaboul ne tomberait pas, les premières informations faisaient état de la fuite à l’étranger du président, Ashraf Ghani et des vidéo montraient les talibans qui investissaient tranquillement les rues principales de Kaboul, le quartier des ambassades et le Palais présidentiel.. Comme on pourrait le dire dans notre pays, « la messe est dite… ».

Déjà posée , la question de notre politique à l’égard de ce pays interrogeait. Pas de communiqué officiel, notre chef suprême Macron, pourtant à l’habitude très prompt à parler plus vite que son ombre, est resté particulière coi. Etonnant. Pourtant, on ne peut imaginer qu’il n’ai pas eu, depuis déjà plusieurs jours , les éléments de renseignement qui devaient indiquer que la situation allait très rapidement évoluer sans possibilité de s’y opposer. Le départ américain, colonne vertébrale de l’occupation du pays depuis 2001 et la décision de Georges Walker Bush , allait obligatoirement sonner le glas de la parade d’une coalition internationale fantoche qui se préparait à sortir de l’ornière après 20 années d’opérations militaires par tous les moyens que la technologie des industries de défense allait permettre pour faire face à des combattants rustiques, peu équipés, mais dont la volonté probablement était sans faille pour reconquérir son bien, son territoire et réinstaller sa loi. Car c’est de cela qu’il s’agit.

Nous sommes, nous français en Afghanistan depuis des temps immémoriaux. La France et l’Afghanistan ont une longue histoire commune -ce qui nous rappelle peut-être d’autres histoires communes qui se sont aussi, malheureusement, très mal terminées, vous voyez de qui on parle ? L’Algérie, l’Indochine, Madagascar, les Comores… Toutes les histoires coloniales que nous avons tellement bien menées, qu’elles se sont in fine, retournées contre nous.. pourvu, d’ailleurs que la Nouvelle Calédonie ne soit pas la prochaine à en faire les frais … Pour revenir à ce qui se joue aujourd’hui à Kaboul, il faut savoir que ce qui reprennent possession de leur pays sont ceux bien évidemment que nous avons chassé en 2001 après les attentas du Word Trace Center, mais ce sont aussi ceux qui étaient nos alliés de 1978 à 1989 durant l’occupation du pays… par l’Union soviétique. Ce combat occidental contre le communisme a d’ailleurs été le dernier affrontement déporté de la Guerre Froide. Qui s’est terminé comme on le sait par la défaite de l’armée rouge, la fin d’une engagement massif et meurtrier qui a certainement vu en 10 années passer plus de 800 000 soldats à l’étoile rouge. C’est au président Carter que l’on doit le rapprochement avec les islamistes et l’aide militaire « open bar » qui ira de l’aide de forces spéciales à la fourniture de missiles antiaériens Stinger dernier cri pour clouer au sol les hélicos et avions soviétiques.

Depuis 2001, nous, français, avons donc participé à cette guerre. Nous avons employé tous nos plus modernes armements, mis en oeuvre nos Rafale et leurs couteux armements, déplacé nos bâtiments de combat dont notre porte-avion, avons formé et équipé l’armée et la police locale, avons soutenu des projets tous plus couteux les uns que les autres croyant pouvoir amener le pays au standard démocratique qui nous arrange.

Une fois de plus : échec total – comme d’ailleurs le Mali en prend aussi le chemin-. On ne gouverne pas des pays contre leur grès. On n’impose pas de politique qui ne leur parle pas. Ces pays, tous, veulent être en charge de leur avenir et de la mise en place de leur projet. Le choix de l’Oncle Sam est clair: il ne faudra plus compter sur le parapluie doré US. Leur choix est celui des étoiles et de la conquête spatiale, plus celui d’occupation de terrains de jeux qui ne les intéressent plus. Les américains se protégeront sur leu près carré qui n’est plus le notre. Il est temps – Nouvelle démocratie 2022 – d’en prendre acte et de repenser, nous aussi, notre devenir stratégique qui devrait:

  • Instaurer un ministère de la Dissuasion indépendant de notre défense et non partageable. Notre pointe de diamant.
  • Mettre en place un ministère des armées conventionnelles qui à terme, sera « mutualisable » avec nos partenaires européen. Notre contribution à « l’armée européenne  » dont on parle depuis 30 ans..

Nouveau et autre grand chantier qui attend notre femme ou homme neuf qui prendra la suite de ces quinze années de fiasco et de captation de notre démocratie citoyenne…

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