Diriger n’est pas gérer à la petite semaine: le courage du cap

Seulement leur donner raison et les remercier pour leur gestion au quotidien ? C’est un peu court.

La responsabilité à la tête d’un État ne peut évidemment se contenter d’une navigation à vue. On compte bien que nos champions, qui manient « une idée à la seconde » lorsqu’ils sont en campagne électorale et nous vendent « le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière », n’en soient plus ensuite à gérer l’État en simples gestionnaires comptables.

Notre France a besoin d’un cap, de perspectives. Et surtout, lorsque le vent forcit, elle a besoin que le marin reste à la barre, les yeux rivés, quoi qu’il en coûte, à la ligne d’horizon. C’est là que le bât blesse.


🔍 Passer au crible notre accablement

Regardez notre situation actuelle : tous nos repères se brouillent. Le budget national semble introuvable, les batailles rangées font rage dans l’hémicycle, et les guerres de tranchées s’installent pour tirer le ticket d’entrée vers l’Élysée.

Pendant ce temps, nos jeunes sont en mal de vivre, l’école et l’hôpital sont en déshérence, tout comme l’agriculture et la pêche. Les retraités sont étouffés, les gilets jaunes restent aux aguets, et les familles s’inquiètent des ruines dont hériteront leurs enfants. Pour couronner le tout, nos repères humanitaires et fraternels s’effondrent sous les coups de butoir des débats sur la fin de vie.

Sommes-nous tous devenus fous à lier ? La France que nous aimons, ce n’est pas ça !

Nos anciens, ceux qui se sont battus pour préserver nos acquis et qui ont bravé les guerres, seraient-ils morts pour que nous dilapidions ainsi leur héritage ? Chaque famille de notre nation a contribué à bâtir le siège sur lequel nous sommes assis. Ce n’était pas pour accumuler toujours plus « dans les armoires », mais pour sauvegarder l’essentiel. Nous avons perdu de vue qu’il faut s’inspirer du passé — de ses réussites comme de ses erreurs — pour faire mieux.


👤 Comprendre, écouter, conduire : qui est prêt au sacrifice ?

C’est ici que nous revenons à nos chers politiques et à ceux, toujours plus nombreux, qui ambitionnent de le devenir. La première qualité indispensable d’un dirigeant est la capacité de se donner tout entier pour accomplir sa mission, en oubliant son propre confort et ses calculs de carrière. Qui en est capable ?

Sur la ligne de départ de la présidentielle 2027, combien ont sincèrement réfléchi à l’abnégation qu’exige la fonction ?

Pas plus tard qu’hier, au vu des résultats sortis des urnes de la primaire à gauche, les partisans scandaient le nom de leur vainqueur, propulsé vers l’échéance suprême. Mais la ferveur d’un soir ne garantit en rien la solidité d’un homme face à la tempête.

La jeunesse est un bel atout, l’incarnation de la nouveauté en est un autre. Désormais, ce nouveau candidat devra clarifier sa démarche : choisira-t-il de se faufiler dans le costume ampoulé de ceux qui l’ont précédé — Emmanuel Macron en tête — ou sera-t-il celui qui rebâtira sur les ruines ?

Un beau challenge.

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