Manifestations des élèves: et si l’on parlait des causes !

De scènes d’émeutes en scènes d’émeutes, nous assistons sidérés à une violence lycéenne et étudiante comme nous n’en avions pas vu depuis longtemps.

Pour les plus anciens — dont je suis —, ce sont des images en couleur qui rappellent cruellement celles de mai 68 : barricades de poubelles, incendies, jeunes qui dévalent les rues poursuivis par des policiers dépassés par le nombre et l’imprévisibilité des mouvements, jets de projectiles et violences tous azimuts.

Quelle gifle, surtout quelques jours après avoir encensé l’écoute et la joie de jeunes de la même trempe, venus assister aux temps forts de la visite remplie d’humanité du pape François. Qu’y comprendre ?

Ce qui est sûr, c’est que nos super-héros de la politique, une fois de plus, n’ont rien vu venir. Fidèles à leur système du « aucun responsable », ils invoquent des « hommes en noir cagoulés » et jurent avoir tout donné à l’Éducation nationale.


🔍 Mais quelle est la réalité du terrain ?

Il suffit d’écouter les jeunes lorsqu’un micro leur est tendu pour comprendre que le quotidien des établissements est devenu intenable :

  • L’état des bâtiments : Des classes vétustes et des conditions de vie indignes (des toilettes sans papier, parfois seulement 2 WC en état pour 400 élèves !).
  • Le quotidien : Des cantines surchargées et des repas insuffisants pour des adolescents à qui on demande des efforts durant des journées bien trop longues.
  • La surcharge : Des classes où l’on bourre les élèves sans se préoccuper de leur niveau, du manque de moyens ou de l’aide individualisée.
  • Le corps enseignant : Des professeurs absents non remplacés, manquant de moyens, aux salaires bloqués et aux promotions inatteignables. C’est pour cela que, par endroits, les enseignants manifestent aux côtés de leurs élèves.

Messieurs les politiques, cela fait 30 ans que ça dure. Inutile de rejeter la faute sur les Régions et les Départements en charge des bâtiments : ils ne font que pallier l’inaptitude de l’État. Mais les programmes, les règles et les objectifs, c’est bien l’État !


❓ Qui va payer la casse ?

La question est déjà sur la table. Immédiatement, des politiciens, les dents serrées et le ton grave, ont lâché leur solution d’affichage : « faire payer les casseurs et les familles ».

Sauf que tout le monde sait que c’est du vent. Ce sont nos impôts, comme d’habitude, qui paieront la facture. Nous n’avions vraiment pas besoin de cela alors que le budget national est déjà à genoux.

Un conseil aux politiques : Retournez au contact du terrain. Arrêtez de dire n’importe quoi et d’agiter gratuitement des chiffons rouges. On vous demande simplement de l’humanité, des toilettes en état, des classes désengorgées et du soutien pour les professeurs.

Au boulot !!! Et vite..


Laisser un commentaire